L'acceptabilité sociale comme condition du développement
Le secteur minier connaît une forte croissance au Québec et au Canada, portée par la demande en minéraux critiques et stratégiques et un contexte géopolitique qui repositionne l’exploitation des ressources comme un enjeu de souveraineté économique. Transfert accompagne les promoteurs miniers à chaque phase de ce cycle, de l’exploration jusqu’à la restauration des sites.
Des répondant·es considèrent l’industrie minière comme essentielle à la création d’emplois, au développement régional et à la transition énergétique.
Cependant la confiance demeure en retrait par rapport à l’acceptabilité, en raison de la perception que les entreprises minières privilégient le profit et l’efficacité au détriment du bien-être des communautés.
Ce que Transfert observe dans le secteur minier
À travers ses mandats, Transfert constate que les projets miniers sont généralement perçus comme nécessaires, mais que cette acceptation est conditionnelle. Elle repose sur la capacité des promoteurs à démontrer des retombées concrètes, à limiter leurs impacts et à répondre aux préoccupations des communautés de manière transparente et vérifiable.
Les données du Baromètre de l’acceptabilité sociale: secteur minier canadien le confirment : l’industrie est largement reconnue comme essentielle, mais un écart significatif persiste entre cette reconnaissance et le niveau de confiance envers les entreprises et les institutions. Au Québec, cet écart est encore plus marqué. La population reconnaît l’importance du secteur, mais exprime un scepticisme prononcé envers les promoteurs.
Transfert observe également que plusieurs idées reçues persistent dans le secteur et freinent la construction de cette confiance :
- La transition énergétique ne change pas fondamentalement les déterminants de la confiance. Les attentes en matière de transparence, de retombées locales et de respect des communautés demeurent les mêmes, peu importe la finalité du minerai extrait.
- Les bénéfices économiques sont reconnus, mais la répartition des retombées est questionnée. Les citoyens veulent comprendre qui en bénéficie réellement.
- L'héritage de sites abandonnés et de projets controversés pèse sur la perception du secteur. Cette méfiance est mesurable et doit être prise en compte dès le départ.
- En phase d'exploration, le niveau d'incertitude est élevé et complexifie les démarches de consultation. Un haut niveau de transparence est alors indispensable
La confiance est le principal facteur structurant de l’acceptabilité sociale dans le secteur minier. Elle se construit dans la durée, par des actions cohérentes et démontrables.
Des enjeux qui s'échelonnent sur des décennies
Les projets miniers s’inscrivent dans des cycles de développement longs, de l’exploration jusqu’à la fermeture et à la restauration des sites. À travers ses mandats, Transfert constate que l’acceptabilité sociale ne peut pas être abordée comme un enjeu ponctuel. Elle ne peut résulter que d’un processus continu d’engagement, de dialogue et d’adaptation qui évolue avec chaque phase du projet.
Les projets qui réussissent sont ceux qui investissent tôt dans les relations avec le milieu, avant que les perceptions ne se cristallisent.
Comités de suivi et mécanismes de participation
La mise en place de comités de suivi, de liaison et de participation est l'un des leviers les plus structurants pour maintenir la confiance sur le long terme. Ces mécanismes permettent aux communautés d'exercer une influence réelle sur le développement du projet, un facteur clé d'acceptabilité sociale, selon les données du Baromètre.
Transfert observe cependant qu'une proportion importante de la population estime que cette capacité d'influence demeure limitée. La multiplication des projets exerce également une pression croissante sur les communautés, en particulier les communautés autochtones, qui disposent de ressources limitées pour participer à l'ensemble des démarches.
Transfert structure et anime ces comités pour qu'ils soient réellement utiles, pas seulement conformes aux exigences réglementaires.
VDMD et performance sociale : ce que Transfert met en place
Le programme VDMD (Vers le développement minier durable) établit des standards reconnus en matière de gestion environnementale et sociale. À travers ses mandats, Transfert constate que la conformité aux exigences VDMD ne suffit pas à bâtir la confiance. La crédibilité du cadre réglementaire repose moins sur l'ajout de nouvelles règles que sur leur application concrète et démontrable.
Transfert accompagne les entreprises minières dans l'intégration des exigences VDMD à leurs démarches de relations communautaires, pour que la performance sociale se traduise en actions visibles et mesurables sur le terrain.
